Badinages mortels dans l'Ile Rouge. Qu'est ce qui a compté, dira Mofo Lany, dans ces dix ans de ma vie dont est nourri ce site ? Il y a d'abord eu Madagascar, ce petit morceau de planète luxueux et pourri, il y a eu les filles malgaches, sensuelles, amoureuses, dangereuses. Pour elles, la viande de Vazaha (Vazaha = Blanc de l'étranger par opposition au ZANATANY, blanc locaux ou assimilés NDLA ) est une aubaine, tendre, docile, bonne à déguster et riche !!....Il y a eu l'Aventure, non pas l'aventure chimérique des DVD, des voyages organisés et des charters mais la confrontation avec soi-même face à la mort et dans des conditions extrêmes. La mort cette compagne invivable qui grouille à nos côté et qui seule juge nos actes . Fatras quotidien, indémélable.


Il y a eu le quotidien en terre hostile où la nature toute puissante ne fait qu'une bouchée de l'existence humaine. l'Extrême Sud malgache, inexploré, vaste, infini où l'homme est ramené aux proportions d'insectes minuscule et éphémère. Une concentration de tous les mythes de l'aventure vécue, terrestre, maritime,

Il y a eu les pousses-pousses qui par destinations naturelles en furent souvent souvent pour moi des véhicules . Il y a eu les Vazahas , des recasés dont l'Occident se débarrasse , ils sont rejetés par leur pays et leur ambassade refuse de les secourir. Leur patrie est partout, leur pays c'est l'endroit où ils accrochent leur chapeau. L'homme intelligent c'est celui qui sait nouer de bons contacts avec les populations locales et s'intégrer dans tous les milieux, pêcheurs, chauffeurs de taxi, citadins, autorités, .et arrive toujours à extraire de l'or même dans les poches les plus vides. Leur âme ne les intéresse pas, ils jouent leur vie au volant de leur 4x4, sur la piste, et leur arme c'est leur lucidité. .

Il y a eu http://www.guide-madagascar.com/madagascar/base-de-donnes.nsf/8525608c005e322585255d7c00545af7?OpenView

parfois je ne pouvais pas rester éloigné de mon bloc notes au delà d'une minute. Dés que j em'absentais, il se passait qqch. Quand je suis rentré à Paris. Plus rien. Des gens riches et s'ennuyaient tout autour de moi. Plus de vie, plus de rire, plus de fête, plus d'amitié. Une solitude de prison, une ambiance lugubre, des gens blasé et satisfaits

Sous les roues de Defender. Je voudrai aussi parler de ces fanas pour qui le Land Rover était le centre du monde. Un Dieu, un monstre sacré, pour qui ils auraient donné leur vie et celles de leurs femmes. Un Européen ne peut comprendre cela. Mais à Madagascar où les distances sont longues, où les cyclones et les mauvaises routes rendent tout déplacement alléatoire et périlleux, un Land Rover est un bien aussi précieux qu'une église. Il y a certaines régions isolés où des populations vouent un véritable culte à cet ogre de ferraille et de feu.

Quatre heures. La tête encombrée par un fatras de rêves, j'avais traversé Tulear au fracas de mon Defender 130 . C'était mon premier jour à Tulear. J'ai acheté mon Land Rover à Paris à un gars qui s'en servait pour acheter des timbres au bureau de tabac de la Place des Victoires et qui a dû en avoir assez de frimer avec un 4x4 auprès des minettes frigides fringuées en nymphos du Chatelet. Je l'ai payé 130 000 Francs. J'ai mis la bagnole sur un bâteau et je suis aler l'attendre à Majunga. Trois mois plus tard, à la sortie de Tulear, vers Ifaty, sur la piste chaotique, je suis là, secoué comme dans un panier à salade, il fait une chaleur de fournil et je suis fatigué , le cerveau encrassé à force de parler leur sale baragouin, envie de vomir, diarées, moustiques et putes ....(à suivre)
qu'on ne cherche pas dans ce livre cette exactitude géographique qui n'est jamais qu'un leurre : la Malgachie dont il est question dans mes textes, par exemple, n'existe pas. Je le sais, j'y ai vécu.

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