Il y a des lieux où il ne faudrait jamais mettre les pieds, les lieux qui font sourdre les mirages sous vos semelles . Madagascar pour prendre un exemple, il n'y a pas plus trompeur. Le traine-misère européen en vadrouille sitôt pointé dans le coin, pose sa candidature à l 'embourgeoisement immédiat. Plans de Mines de rubis, femmes faciles, soleil, nourriture succulente à prix modiques et plages à volonté. Et c'est la catastrophe comme le décrivent avec humour les histoires que voici . eBook par Mofo Lany, "100 astuces pour voyager à Mada que seuls les pros connaissent "



La ville de Tulear , baigne dans une atmosphére pleine de mirages

Paris , le mercredi 16 aôut 2017 - Hotel plazza de Tulear , Armand Rivert , comme elle a dû te paraître amère cette fin de parcours après 30 ans d'Histoire. Les botanistes du jardin du Plazza ont disparu , le 4x4 jaune Mazda que tu envoyais à l'aéroport de Tulear pour m'accueillir, émmerveillé, en provenance de Paris se retrouve à la casse, et au Bar la bonne cuite, le dimanche soir, personne ne songe plus à toi.» Et toi Monica d'Anakao, jadis petite Andromaque tropicale dans son palace cinq étoiles, sans eau potable ni électricité , cherchant, l'oeil hagard, les cocotiers absents de la superbe Madagascar , derrière la muraille immense du brouillard de Bretagne et qui pourchasse inlassablement un rêve de corail éternellement disparu . Gilles Léouzon, qu'ont ils fait de ton Hôtel à Ambola, ce domaine que tu avais fait jaillir des sables chauffés à blanc par la fournaise comme si tu construisais un nouveau Taj Mal ??...Tu n'étais pas coupable avec tes rêves de garçons costumés en hercules mais ils t'ont banni de ton paradis. Et toi, Kookie coquillage qui me faisait tant penser au Baron Clappique avec tes manières enchanteresses, qui captivait les foules avide de recevoir ton message, le restaurant Kris Hamburger le soir, plein à craquer en attendant tes apparitions, tu as laissé là, ta gloire , tu es retourné chez ta mère à Toulon pour soigner ta prostate malade. Le bar Le Corail n'est plus qu'un amas de planches vermoulues et les camés d'amour du Zaza club ne vont plus à Maguily faire la bringue et collectionner des coups de foudre programmés..Les colorés des confins sont abandonnés a eux même et à Ivato, les avions en retard d'Air Madagascar n'apportent plus que des bidochons aveugles et sourd, des vaches à lait à pomper, la provende indispensable pour attrape-nigaud de l'économie du partage . Et ces cargaisons de chair humaine au portefeuille bien rempli ne font plus rêver



Madagascar, je t'ai aimé, tu n'était pas la plus sage, ni la plus respectable, ni la plus aimable. Parfois, tu étais même folle , dangereuse, violente,
j'ai parcouru tes pistes effroyables, j'ai dansé avec une rage folles au milieu de tes déesses noires , je me suis soulé dans des paysages immenses, immergé dans des décors de western sans cow boy ni apaches, j'ai sillonné ton immense territoire en pirogue, en pousse, en taxi brousse, à pieds et je m'aperçois d'une chose, je n'ai toujours pas connu. Je ne pourrais jamais dire "je connais Madagascar" car tu es différente chaque jour, chaque saison, devant chaque regard. Chaque âme posséde son Madagascar.

RECIT = l'odeur de chatte, c'est la troisième de la journée que je viens de la labourer et hélas, ce la ne me suffit pas - je suis incapable de lire, d'écrire, de faire autre chose. Rituel : On tape à la porte, le bruit de la douche, vite on file au pieux, c'est d'une monotonie !! Parfois , je tombe sur une fille qui veux que je la batte mais c'est encore trop fatigant vAS te faire sauter chez quelqu'un qui a l'air conditionné , mais battre quelqu'un avec cette chaleur il faut être maso ..


nospam_vezinat33@yahoo.fr ***
RECIT = je fuyais l'anonymat à Paris , je me serais fais prendre en otage en Syrie rien que pour une minute d'attention de la part d'un être humain

Après avoir joué à l'homme indispensable pendant des années dans des boites informatiques parisiennes, je me retrouvais "l'homme dont on voulait se débarrasser", le laissé pour compte - car qui voulait d'un sans-abri ? Le nourrir, le transporter, le vétir, l'héberger ? Absolument personne . Quant à faire l'amour, mon idée fixe, c'était devenue une utopie, aucune femme à Paris n'accepterait, nue, sous une tente plantée dans un jardin public, de prodiguer des caresses - Désormais, je n'étais plus qu'une carcasse encombrante , la terre entière me fuyait....En effet...La France, c'est un conte de fée si tu es sans le sou. Pas seulement à cause d'être insolvable..Ce n'est pas ça le pire. Le pire, c'est d'être traité en lépreux, comme les castes en Inde. N'importe quel déchet, cinglé se permet de vous mépriser en France, pour cet unique motif : vous n'avez pas de fric. Hors à Madagascar, où personne n'a d'argent, d'autres critères sont pris en compte. En particulier parmi la gent féminine
Une seule terre d'asile MADAGASCAR, cette terre promise du looser . Et je me suis dit qu il vaut mieux mendier au soleil que de grelotter aux resto du coeur. Et je suis parti ! Arrivée à Tulear , un trou sordide et malsain peuplé d'aventuriers et d'alcoliques italiens et français. Tulear, une vertigineuse histoire de « temps qui régresse : charette, seau d'eau sur la tete, négresses , fille allongée sur le sol, chaleur, piste, pas de frigo, taxi-brousse, ennuis garanti, moustiques et poussière. On trouve des épaves tout le long du rivage et l’insuffisance alimentaire guette .

Antananarivo : bains turcs, hotels borgnes - des camés de l'orgasme empilés les uns sur les autres - des guides sexuels fantomatiques qui faisaient clignoter des films porno - et les femmes de Tsaralalana, soulevant leurs jupes , exhibant leur pubis aguichant le passant. Et avec elles, toutes les chattes du continent et de l'Afrique qui vous attendent . Plus besoin de se branler !!..

"je voyais les jambes de ces malheureuses s'ouvrir lentement, s'écarter d'une façon horrible, montrant leur noir pubis dans la lueur rose de la chair nue."

Les Vazahas, honorés comme des demi-dieux, écoutés comme des oracles, des femmes malgaches raides dingues des européens....

y avait un touriste

Moi je préfère être seul. Les rencontres à Mada , j'en ai soupé

Voilà ce qui m'est arrivé en arrivant à Tana le premier jour

"J'entrais au Glacier. Ma gaucherie, ma maladresse bouffone, ma niaisierie provoqua immédiatement l'hilarité ches les entraineuses et même chez un Vazaha

Le masque du touriste jobard, de la dupe naïve venue sous les Tropiques pour se faire plumer , masque indispensable pour mieux étudier la faune des endroits louches .

Rencontre avec Jacky qui m'affirme = "Si tu continue comme aujourd'hui, dans 4 jours tu es dans l'avion de retour sur Paris pris en charge par l'Ambassade"

"Il faut que tu trouves quelqu'un qui puisse te servir de guide" m'affirma t il

Il me raconte sa vie.

Abandonné par sa famille, il a vécu dans la rue depuis l'age de 7 ans. Jacky m'explique que tous ses professeurs étaient tous d'anciens truands qui lui en tous transmis leur métier complètement jusqu'au crime. Il leur doit tout.

C'est un grand blond costauds, corpulent avec , bien entendu des tatouages sur les bras et qui a la démarche de Quasimodo. Je deviens vite son élève . Lui connaît Mada à fond , il est rusé , astucieux, et désireux de me transmettre son capital d'expériences

Il me propose d'aller "chiner" dans les quartiers chauds de Tana que je ne connais pas encore.

"j'espére que tu vas résister à toute cette misère. Je te préviens, cela vas être un choc" me préviens t il


J'accèpte et nous dirigeons vers une batisse du quartier de l'Ambassade de France (où Jacky connaît tout le monde de la secrétaire au
Consul) .

Tananarive = des femmes en haillons porteuses de bébé sur le dos qui semblent sourdre de l'escalier sur mon passage, de l'argent, des lunettes, elles agitents sous votre nez des lots de chaussettes toutes neufs et les proposes, vendeur à la sauvette, étalage chichement

Il me montre un immeuble jaune délabré mais moins miteux que les autres.

"Tout ça , vois tu , c'est plein de putes" me dit il d'un air enthousiaste.

Nous y entrons et effectivement des bandes de garces rigolardes et joyeuse s'abattent sur nous comme une volée de moineaux sur une miche de pain frais. Nous en sélectionnons deux, où plutôt Jacky sélectionne deux commères, adipeuses, le ventre flasque, des mamelles énormes, de grosses pouliches avec des cuisses énormes, tous les critères qui semblent correspondre aux gôut de Jacky. Moi je suis un peu étourdie par ce tourbillon de femme noireaudes en jupons qui se précipitent sur moi en jappant. J'aurai préféré une femme un peu sophistiquée, une universitaire, une étudiante en lettre française ou une artiste. Mais je donnais le change et feignait l'extase devant ses ogresse ventrues et fessues qui tenaient à tout prix nous faire participer à une orgie

L'une d'entre elle n'arrêtait pas de répétait toute les cinq minutes qu'elle aimait bien sucer, qu'elle aimait ça qu'elle voulait faire l'amour, etc etc

"Moi bien sucer, moi bien faire l'amour , moi aimer ça" Ce fond sonore devenait lassant. Surtout l'évocation des prouesses sexuelles de cette femelle goulue tenait plus du cauchemar qu'à l'exaltation des sens raffinés d'un parisien.

Vins le moment, ou, excédé, je lui hurlais

"Change de disque. On a bien compris "


Jacky se mit à lui mordiller le téton et nous commandâmes deux bières que les deux drolesses siphonèrent en un clin d'oeil. J'étais ébahi . effectivement, elles ne manquait pas d'appétit ! Des voraces.

Pour ma part , je n'en étais arrivé qu'à la moitié de mon verre. J'attendais également le retour le retour à la normale. Je rêvais d'être loin du Glacier. A Maurice. Au Royal Palm. Loin de cette misère sordide. Une ambiance rafinée. Des femmes intellectuelles. Sortir de ce décor immonde et de ces prêtresses de la débauche et de mon ciceron. Hélas, je n'en avais pas les moyens. Toute ma vie j'étais condamné à une existence de bas quartier.

Le retour de ma monnaie devenait de plus en plus long . Cela devenait de plus en plus hypothétiques

Apparue la serveuse qui devait me rapporter ma monnaie sur un gros billet. Au bout de cinq minutes, la commère revint avec une poignée de chiffons crasseux et puants (les billets de banque Malgache). Jacky les recompta. Naturellement elles m'avaient truandé en rendant la monnaie. Aucun hôtel hôtel de passes digne de ce nom ne manque à cette tradition. Il manquait Cinq Mille Francs (10000 Ariary.

Quelle lieu infame pensais je !

J'étais prêt à partir sans demander mon reste mais Jacky exigea et obtient la restitution de l'argent. Il paraissait merveilleusement à l'aise dans ce cadre immonde . Je n'osais lui briser sa joie.

Il paraissait au paroxisme la folie lubrique. Il me proposa de monter dans les chambre. Je voulu demander d'aller visiter les chambres. Puis je renonçais . Cette démarche était absurde. On était pas au Ritz où le client hésite avant de s'engager pour la location d'une suite royale.

Les tarifs étaient modique mais tout en harmonie avec la corpulence et l'age des prestaires.

Quant à moi, je me voyais mal rémunérant ces femmes atrcoces, plus proches des sorcière de Goya que de la Venus de Milo. Pour en plus me faire détrousser pendant mon sommeil de ma montre, mon argent et même mes chaussures à voir les lueurs rapaces qui sortaient des yeux des femmes. Sans compter les puces, les maladies. Il y a certainement une forme de liberté, d'ivresse dans la pauvreté mais tout le monde ne s'appelle pas Arthur Rimbaud.

Je refusais . Jacky eu l'air déçu. Nous sortîmes.

Jacky compris que ce n'était pas ma gamme de femmes et mon mentor m'entraina vers un autre endroit plus glauque encore: la rue Pierre CALOT - a suite dans Le Monde Des Livres, LIBERATION, FRANCE 2
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J'ai cru que je m'appelais Don Juan. Mon vrai nom est Arnophle. C'est ce que je viens de découvrir en atterissant à Diego. Personne ne m'attends à l'aéroport. Pourtant à Tana au téléphone Djumila m'a assuré avoir le coup de foudre pour moi. C'est pour la rejoindre que je suis arrivé au Rade Terminus. Je suis accueilli par le vent, le Varatraz, un immense courant d'air qui m'accuille et bouleverse mes certitudes. Chaque jour je recommence, je crois tout savoir mais le soir je suis ignorant. Cela m'étourdi .

J'a eu envie de retourner à Tana.Mais c'était trop bête. J'ai mis le cap sur RAMENA , fou de colère. Il faisait chaud . Déjeuner au RESTAURANT " 5 trop prés" . J'aperçois un type au physique de baroudeur. Il me fait penser à Michel Picoli . C'est Claude un aventurier africain qui a obtenu les plus gros marchés de construction de routes à Diego . Il est accompagné d'un autre entrepreneur Pascale, qui vend de la caillasse. Je rentre avec eux en camion.

On est serré dans la cabine. On rigole comme des fous. Le soir on se retrouve tous à table au SAN PEDRO . Claude est le plus drole. Il explique comment il s'est fait roulé par les Malgaches et comment toutes ses entreprises ont coulé par malchance. Mais ses mésaventures n'entament point sont sens de l'humour et je connais des chef d'entreprise prospères plus déprimé que lui . Il semble heureux en failite! Preque dans son éléments . Peut être parce que l'essentiel est ailleurs. Dans l'ambiance insolite de Diego par exemple .

Le soir nous mettons le cap au Nouvel Hôtel . Claude m'aide à distinguer entre les putes officielles et les vraies salopes intéressantes...

Etc, etc, etc

La suite dans Le Monde Des Livres, LIBERATION,
La Makorelinas de Madagascar , équivalent à la grisette en France au XIX éme siécle
En France, au XIX éme siécle, on les appelait les grisettes ( Jeune ouvrière coquette et galante. ).
Omniprésente dans les villes malgaches, en continuel transit d'un point à l'autre de l'Ile dans les bras de vazahas des 4 coins du monde, elles se connaissent toutes, elles se reconnaissent à des signes mystérieux invisibles aux Vazahas, elles parlent le même langages, usent des mêmes artifices pour abuser des pigeons. Mes expériences non rien d'unique, ni de blâmable. Cependant, elles sont extra ordinnaires par leur gigantisme (parcours en brousse par la piste en land rover , plusieurs milliers de kilomètres dans la jungle), par la personnalités des protagonistes, leurs démesures , leurs folies et leurs gags. La rencontre avec la faune louche de Tulear, toxicos, proxénètes, le menu fretin en marge d'Europe, vadrouille sous les Tropiques

Les aventures que je relate (et qui se terminèrent mal) sont très courantes chez les visiteurs étrangers. Mais personne ne les racontent , par feignantise, par honte. Or elles sont fascinantes, Mada est fascinante, les femmes de Madagascar le sont aussi..



photos http://yss1.free.fr/
je cherchais Humphrey bogard au Plazza mais j'ai croisé Laureen Bacall qui me demandait du feu à l'Hotel , j'ai recontré le Capitaine du Patna , régnant sur sa cargaison humaine quand j'empruntais la pirogue des transfert Anakao qui s'adressait à moi d'un ton familier ,Et je me croyais à Sambir , dans les jungles étouffantes de Bornéo, quand je débarquais pour la première fois à Tulear, cherchant Almayer dans les bistrots du Zaza Club, j'apercevais Yves Montant au volant se son camion ou Lino ventura sous des cocotiers , mon imagination construisait écrivait des romans aventure à chaque rencontre
ils était là mes héros de films d'aventures, homme en cavales , maudits sans le sou, femmes sans inhibitions , haletantes dans des Hôtels gérés par les sosies d'Henry de Monfreid,. Et c'est parti, moi aussi, je me suis embourbé dans la brousse du coté de Betioky et j'avais Charles Vanel comme bras droit et foie jaune diplomé, je prenais une fois par jours les pirogues et les boutres d'Henry de Monfreid échoués sur la plage de Tulear me regardait partir en me souhaitant bon voyage. Comme c'est beau les Tropiques, on y cotoie en chair et en os tous les personnages de ciméma sortis de l'écran, . On débarque de la Nationale 7 , et aussitot on ouvre la boite de Pandore, et tous les héros que je chérissais sortais des pages d'un livre en une procession fantastique


La perdition
par Mofo Lany , le Poète de Tulear

Je me moque de tomber amoureux d'une grue malgache.Du moment que je prends mon pied !!.J'avais été le premier à me moquer de tous mes potes à qui c'était arrivé et qui s'étaient mariées. J'avais fais des gorges chaudes de leurs amours vénales, de leurs unions grotesques avec des filles vulgaires, analphabètes, qui leur soutirait leur pognon . Et moi le plus incrédule des Vazahas, c'était mon tour ! J'étais manipulé comme une marionnette . Sous ses ordres , je l'étaiS. J'ai un corps qui fait baver les hommes affirmait elle . Pris au piège de la plus cinglée, la plus dangereuses, la plus salope, des garces des bas fonds de Tana !!! Rien ne pouvait m'arrêter bien entendue , dans la quete insatiable de prouesses amoureuses..J'étais perdu - J'étais paralysé par une une force inconnue qui me dépassait . J'étais sous ses ordres et elle le savait !!!! Bienheureux ceux qui connaissent l'amour .Même avec la dernière des garce du ruisseau .

après une overdose d'anonymat une overdose de caresses ...

Connaitre en fin cette magie qui vous soumettait au joug de cette femme au corps de caramel


, obéir aux sons, à la voix de velour de cette femme de Madagascar pour mon plus grand délice, j'étais un martyr paralysé si mon bourreau ne me parlait pas - LA PERDITION Madagascar ou la perdition du Vazaha
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Ce qu'il y a d'insolite à se retrouver tout nu, enfermé dans une chambre d'hôtel avec une ou plusieurs inconnues dont on se sait rien, même pas le prénom !

Son prénom, elle vous l'a dit mais vous l'avez oublié car vous regardiez ses seins.

Elle entre dans la chambre: grand coup d oeil giratoire, comme un radar, comme le phare d une DCA pour repérer les éventuels objets à voler dans la chambre plus tard, quand vous serez endormi, ronflant, bercé par de doux rêves.

Tout à coup : sonnerie. C'est le téléphone. C' est ma banque a Paris.

Et je mentais. Je ne pouvais plus m'arrêter de mentir. Je ne pouvais plus me passer de cette drogue. Le raté , c'était à Paris. Mais à Madagascar, j'étais devenue tour à tour un reporter à TF1, un réalisateur de documentaire, je réalisait des films pour CANAL +, une vie et une carrière prestigieuse jalonnée de conquête, de gros salaire et d"évènements mirobolant - Godard me sollicitait des mise en scéne pour des films, écoutait mes critiques. Qu'importait que ses journées parisiennes soient ternes, que mes cinq téléphones ne sonnasses jamais , sauf pour une erreur, que les murs étaient les seuls à entendre mes lamentations, . J'existais enfin. Pour la prmerière fois de ma vie. Et c'était délicieux
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Nous approchons du fleuve. Le sol est humide la nuit vas tomber .Soudain un grand FLOC. Une nouvelle fois. Angoisse, avec la présence hideuse de la mort qui ressurgit. : je viens d'embourber le Land Rover - Les roues labourent la latérite dans des volutes infernales de gas oil. .Vais je encore m'en sortir ? Cette piste sera mon cerceuil Je frole la mort depuis ce matin. Je me heurte à des obstacles infranchissables toutes les cinq minutes . Carburant trafiqué, huile en rupture, navigation sans GPS dans ce labyrinthe de boue, de broussailles de villages malgaches qui se vident de leurs habitants à mon approche au lieu de m'aider à me repérer. La croisière pépère au milieu des sables s'appelle la traversée de l'angoisse. Et maintenant, nous sommes paralysés. Nous savons même pas où nous sommes. Nous ne savons pas non plus qui nous sommes. Il me semble que je viens de naitre.

Les quatre roues patinent dans la terre imbibée. De rage je tourne le volant dans tous les sens , par miracle, une des roues accroche une racine, un morceau de sol sec, en marche arrière et le véhicule bondit hors du terrain qui l'absorbait comme une éponge. Mais en reculant, je n'avais pas vu le tronc d'un d'arbre placé en plein milieu de la trajectoire. Nous rentrons dedans avec un un grand choc et nous calons. Silence. Immobilité. La fille à côté de moi, pique une crise de nerf. elle se met à tambouriner contre le parre-brise en hurlant avec son accent malgache "Je veux rentrer à Fort Dauphin, oh secours, je suis avec un fou, il vas me tuer. " Tu vas la fermer ? Oui ? Le bureau des pleurs, il est resté à tulear. Ici, c'est marche ou créve. Et je n'ai pas l'intention de passer toute la nuit dans des sables mouvants." Tulear . Ah ! Tulear. l'évocation de ce nom vient de faire naitre une ville que j'ai aimé , avec une famille, des habitants attachants , une ville que je ne reverrais peut etre pas . Un moins-que-rien, voilà ce qu'on dit de moi partout à Tulear. Toujours à trouer les filles, à courir les jupons des nuits entières au Zaza, à racontez mes frasques.

A Madagascar, , je menais une existence factice , J'étais une célébrité, car les femmes malgaches sont folles des Européens. Mais, personne à Tulear, ne soupçonnait la réalité : ma vie de clochard minable à Paris, RMIste qui n'a jamais été bon à rien , une nullité compléte , ratant tous les diplomes, que c'était ma mère qui m'envoyait du fric par la poste et c'était ça seulement l'élixir de ma célébrité à Madagascar .

En Europe, les gens me fuyaient comme la Peste. je ne les faisais pas du tout rêver. Seul, sans fric, toute la journée geindre dans des bureaux, à Pole emploi , aux Allocations Familiale, mon QG, emmuré derrière un ordinateur à me connecter. Ici, à Tulear, j'éblouissais mes conquêtes, des cotières ingénues , Elles écoutaient mes banalités, les platitudes, tous ces riens qui pourtant avaient constitués la substance de ma vie Européenne- J'étais venu à Mada, pour étancher ma soif d'aventures, réunir un cortège de corps chauds pour embaumer ma couche chaque nuits, prendre ,moi aussi, une part du gâteau.

Et j'avais besoin de cette drogue pour exister. Je n'étais rien,ma famille m'avait plaqué, un bon à rien, et un laissé pour compte mais à Mada, je passais pour un génie dont on admirait l'intelligence exceptionnelle. Partout, à out eheure du jour et de la nuit, j'avais toujours un auditoire qui buvait mes paroles, écoutait mes exploits, pompait mes idées, imitait mes tics, ma démarche. Il suffisait que je plaque une de mes conquêtes, pour qu'un des vazahas s'en empare avidement, trop heureux de partager mes restes, une aubaine, une fille auréolée par la fréquentation d'un prince. C'était devenu un privilège recherché par la gent féminine de coucher avec moi . Mais au fond , je n'étais peut être qu' un raté, un zéro, un déchet . Un rêve .
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ma chambre d'hôtel vaste hangards de corps accumulés, de nuits torrides, une galeries de cris rauques de halétement de gémissements- de glauque troupeaux que je hissais dans ma couche tel un Sardanaple repus -

galérien du sexe et des étreintes, l'aventure torride à chaque coin de rue, quand faire l'amour devient les travaux forcé, une addiction puissante

e regarde des photos de moi avec Angela en 2004, j'ai l'air heureux ! Si elle pouvait chiffrer le plaisir qu'elle me donne , blottie contre moi, on rétablirait la balance commerciale du pays, avec elle 1 ariary équivaut un euros ! L'asperger de plaisir - comme un aérosol - sa peau nue rayonnait comme un four à micro ondes et me laissait irradié de bonheur - une sorte de Fukushima sensuel - La France , je ne veux plus la revoir lui disais je en l'embrassant - Je revoyais mes haltes désespérées prêt du seul oasis que je connaissais : la Rue Saint Denis à Paris , ces heures interminables à mater les jambes, les poitrines, les visages, installé à la table d'un fast food au 99, devant le Paris - Sexy,

Jamais rassasié devant ce défilé de femmes qui vient de Tamanrasset à Tombouctou..Aujourd'hui en 2011, toute l'Afrique défile là comme sur un plateau de sushi - Plus besoin d'un Boeing pour venir les sauter : elles sont là , sublimes, devant votre porte, en une lente procession , dans cette rue sale qui est la rue saint denis avec ses tenanciers louches, sa marchandises avariées, ses canons, ses jocondes de passage qu'on croise cinq minutes puis qui disparaissent pour l'éternité - A Paris , il ne me reste que l'écriture pour réssuciter le passé, , l'ultime moyen de me délivrer de ce fardeaux trop lourd avant son anéantissement . Une fois gravés sur du papier, je me sens bien .
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Comme j'envie ces écrivains dont le cerveau fécond enfante des histoires interminables, capable d'écrire pendants des journées entières sans sortir de leur mansarde, de voir défiler des rivages heureux,surgir des femmes ou des amitiés de leurs pages blanches.

Comme je les imite , parfois, seul dans Paris, ignoré de tous, séparé des hommes et du monde. Soudain, les fées de la créations apparaissent au milieu de la désolation de Paris, et j'entends des voix, je ressuscite les disparus, un immense orchestre m'éblouit en plein silence.
comme un orchestre imaginaire qui se met à jouer des symphonie, je crois entendre des mélodies superbes, je revois avec précision des images, je revis en imagination , avec du recul , des scénes avec les gens que j'ai croisé, tout un monde surgit de ma tasse de café - là monde clos du souvenir, je convoque un a un mes amis et je disctute avec eux et aussi avec moi-même 10 ans plus jeune ou 10 ans plus vieux - Angela, l'impératrice, Jean-Marie le baroudeur, le docteur Bola , Vola, de trés trés nombreuses copines , le land rover, et tous les pourfendeurs de grands espaces qui vivent loin de l'Europe. ...

le silence est très important - le moindre bruit et tout s'écroule - jusqu'à ressentir le sparfums, les odeurs, les sensations - tout est enregistré - je suis une caméra numérique humaine - c'est magnifique

la cafetière de chez Ikea bouillant chauffe, je ferme les rideaux de la mansarde de ma chambre de bonne sous les toits, j'aboli le réel, ce café de chez Fauchon , l'elixir qui lorsque je l'absorbe, je me sents prêt à écrire les plus belles pages de la littérature française - Levé à 3h00 du matin Rendez vous chez l'Editeur à 9h00 du matin . Chez l'Huissier à 15h00. L'emploi du temps d'un écrivain pauvre à Paris est hélas trés banal, heuruesement que je suis protégé
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-Je passais tout mon temps libre à me rapeller toutes les garces bourrées de dynamite que j'avais connues. En fait ma vie, elle avait commencé là-bas à Tananarive en 1996 . Je profitais de ces litanies de journées oisive pour faire le bilan de cette existence désastreuse qui m'avait conduit ici, au bout du monde, oublié de tous , loin de ma culture, de ma famille et de mes amis, engloutit par cette jungle du Sud Malgache, sa végétation aussi rapace que ses habitants, dans ce trou paumé de Tongobory, sans un centime avec la Police à mes trousses.

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Arrivée à Tongobory . On a envie d'en repartir aussitôt qu'on débarque. Tongobory est un village des huttes décharnées traversé en son centre par une piste gorgée d'eau, de gigantesques lac de boue dans lesquelles on s'embourbe. Moustiques, ennuis et poussière. Vision ordinaire de l'activité quotidienne: spectacle d'hommes se prélassant du côté ombragé des maisons, femmes s'affairant à monder la ration quotidienne de riz, enfant nus à la peau sombre courant le long des venelles -

On a envie d'en repartir aussitôt qu'on débarque.

Mais il fallait tenir 8 jours. Dés mon arrivée, je m'adressais à un vendeur de nourriture Tanalany- Je demandai gite chez ce couple de Tanalany accueuillants mais avares. Ils s'étaient refugié à Tongobory pour quelques raisons obscures. Ils n'avaient pas d'enfant. Sans doute, quelque haine inexpiable envers leur parenté les retenait dans ce trou perdu. Ils avaient dressé leur hutte sur cette rive désertique. Le jour , ils confectionnaient des Mofo gasy (gateau malgache à base de farine de riz), des sanbosas pour les voyageurs. La nuit, ils tressaient des sobika pour les vendre au marché. Pendant la saison des jacquiers, la femme décortiquait les fruits, entassaient de pleins paniers de noyaux, les faisaient murir, sécher, et les stockait dans une sobika pour approvisionner la maison. Je restais chez eux presque une semaine. Ils étaient accueuillants mais avares. Une fois ma montre et mon chapeau vendu, je n epouvais plus me permettre de manger à leur table , même si le repas se réduisait à du riz mélangé avec du maïs qu'un peu de sésame grillé aidé à avaler. De plus , mes hotes étaient taciturnes, incompréhensibles. Ils ne se parlaient pratiquement jamais. Ils confectionnaient les gâteaux, cuisaient le riz, servaient, vendaient, tressaient les paniers en silence, comme deux automates s'activant dans l'ombre de la hutte. Ils ne se regardaient même pas. Cette atmosphère d'outre-tombe était inquiétante et lugubre.

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ANANARIVE, familièrement Tana (Antananarîvo, « la ville des mille »), ville de 322 000 hab., dont env. 12 000 Français, capitale de Madagascar, est situé par 18055’ de latitude S. et 47033’ de longitude E. à une alt. variant de 1 245 à 1 468 m.
Accrochée au flanc de plusieurs collines rocheuses, elle s’étend de plus en plus dans le